12 Oct
  • By Samret
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Témoignage – Mon premier semi-marathon

Tout a commencé en Juin 2022 quand à la Course des Héros à Lyon avec l’APPT, Rémi Bénichou me demande si je serais partant pour faire le semi-marathon de Lyon. A ce moment, je viens de reprendre la course à pied après une longue période sans sport (blessure) et je ne me sens absolument pas prêt à courir cette distance (21 kilomètres).

Je reprends la course à pied très difficilement, les sorties sont pénibles et je me sens physiquement très fatigué. Puis, au fil des sorties réalisées plus régulièrement et un été qui me permet de conforter des sensations plus agréables pendant l’effort, j’arrive début septembre avec un état d’esprit plus compétiteur.

C’est alors que Rémi me relance et que je valide mon inscription avec lui. L’objectif est fixé, je me challenge et je dois m’inscrire dans un plan d’entrainement pour réussir la distance. 6 semaines pour arriver au top pour la course. Quelques échanges avec Rémi me permettent de m’assurer que mon plan d’entrainement est le bon. J’enchaîne 2 ou 3 sorties par semaines, sorties plus ou moins longues (1h à 1h45), une dernière semaine dédiée au repos (1 sortie de 40mn) et le jour J est arrivé.

Nous nous sommes donnés rendez-vous avec Rémi sur le village du Run In Lyon pour le retrait des dossards le samedi 1er octobre à 16h30. Tout est bon, le certificat médical est valide, le dossard en poche nous rentrons chez nous pour une soirée pasta de veille de course.

Dimanche matin, le réveil sonne à 7h00, nous prenons notre petit déjeuner (café, tartines beurre et confiture), nous enfilons notre short et notre T-shirt, accrochons le dossard et laçons les baskets. Nous partons à pied de la maison puisque le départ se situe sur les quais de Saône au pied de la colline de Fourvière sur laquelle nous habitons. 10 mn suffisent à nous retrouver à l’entrée de notre sas de départ, le gris, celui des 2 heures au semi-marathon. Il est 8h40, le départ est prévu à 9h08. Sur ces courses qui regroupent un nombre conséquent de coureurs (7 000 pour le semi), le départ est organisé par vague, les plus rapides en premier jusqu’au plus lents. Je m’étais inscrit sur un temps de 2h10 et plus mais Rémi m’a convaincu de partir dans le sas des 2h… Je ne connais pas la compétition et l’arrivée au sas réveille quelques incertitudes et doutes sur mes capacités à tenir le rythme et la distance. Des douleurs et quelques maux me rappellent l’existence de zones de mon corps encore méconnues et la fragilité du physique. Mais je suis avec Rémi et les conditions climatiques sont idéales (environ 16°C, ensoleillé) ce qui me permet de garder confiance pour le départ.

L’heure approche, un mouvement de foule nous fait avancer de quelques mètres, puis un nouveau, pour nous retrouver à quelques mètres de l’arche de départ. La musique se fait plus forte, le commentateur fait monter l’ambiance et chauffe les esprits, un coach sportif motive les troupes avec quelques exercices d’échauffement. La pression monte, le compte à rebours est lancé, le départ est donné. Les jambes se lancent, doucement, il faut faire attention à ne pas tomber ou trébucher ou percuter quelqu’un car il y a du monde et le groupe est assez compact. Nous restons concentrés sur les premiers mètres, Rémi est à côté de moi, nous prenons le rythme et essayons de nous caler sur le temps que nous avons convenu de tenir sur les 10 ou 15 premiers kms. Nous sommes même un peu plus rapide, 5mn 45s au km au lieu des 6 mn. Nous nous sentons bien et gardons l’allure. Je m’écoute, me questionne, je vais bien, est-ce normal ? Vais-je tenir comme çà encore longtemps ? Comment va Rémi ? Je veux être attentionné et j’essaie de le protéger (pourquoi ? Il est plus habitué et plus fort que moi). D’ailleurs par deux fois, je lui accroche un pied, je peux le faire tomber et je dois faire plus attention à ma position pour ne pas risquer de chuter ou le faire chuter.

Le panneau des 5 kms est en vue, premier ravitaillement, une petite bouteille d’eau, une gorgée et poubelle. Tout va bien. Nous continuons ainsi jusqu’au 10 kms qui se situe après avoir traversé la Saône en face de chez Bocuse (le casse-croute aurait été plus sympa…), 58 mn, nous gardons le rythme. Toujours en forme et pas de signe de fatigue ou de douleurs. En avant, au même rythme pour le panneau des 15kms, au niveau des subsistances. Nous voulions recharger un peu les batteries avec un peu de sucre ou un complément énergisant mais rien de mieux qu’une banane à se mettre sous les dents. Je croque quelques morceaux car je ressens le besoin d’un apport calorique. Les jambes commencent à se durcir et la fatigue se ressentir. C’est maintenant qu’il va falloir être fort car je n’ai jamais couru plus loin. Après le physique, c’est la tête qui doit prendre le relais. L’objectif a été fixé, je connais la distance et j’irai au bout, pour moi, pour Rémi, pour mes proches. Les spectateurs sont présents tout au long du parcours et sont de plus en plus nombreux alors que nous rentrons en centre-ville. Tout au long du parcours, Il y a des groupes de musiques, nous pouvons entendre et lire les encouragements des spectateurs pour leurs proches et je dois dire que cela nous motive et procure une ambiance bien sympathique sur la course.

Je dois également vous relater une observation plus personnelle sur la réaction de certaines personnes à notre passage, je cours à côté de Rémi et j’entends avec les encouragements quelques excavations à la vue du coureur qui m’accompagne. Rémi est de petite taille, j’ai bien vu le regard des coureurs à l’entrée dans le sas, au départ, le long de la course et je connais bien ce genre de réaction puisque ma fille, Lilou, est de petite taille. Mais je veux vous dire que les regards ou les réactions étaient un étrange mélange de surprise et d’étonnement au départ puis très vite transformés en admiration à se dire « mais c’est pas vrai qu’il court un semi ». Et oui, le regard et l’interrogation se porte sur Rémi alors que moi, le grand à côté, est beaucoup plus fragile et moins fort que lui. C’est là que l’on peut se prévaloir des préjugés et de la valeur de l’image qui est renvoyé. Non, les plus grands ne sont pas les plus forts ! Alors, dans mon intérieur, je me marre et je me dis : « si vous saviez ce qu’il est capable de faire ». C’est là que l’on se dit que l’APPT a encore du pain sur la planche et que ces moments sont un bon relai pour véhiculer une image différente et positive du handicap et plus particulièrement de la petite taille.

Nous traversons la place des Terreaux, traversons le Rhône pour descendre les quais jusqu’au niveau de la place Bellecour où se situe l’arrivée. Depuis le km 17, la course se durcit pour moi, je trouve que chaque mètre s’allonge et que l’arrivée est de plus en plus lointaine. Mais surprise, à la remontée des quais sur le pont de la Guillotière, à 2 kms de l’arrivée, j’ai la joie de voir ma femme venir m’encourager et nous accompagner quelques centaines de mètres ainsi que mon fils, Noé, croisé sur le pont. Je ne peux pas fléchir et j’irai jusqu’au bout avec l’aide de Rémi qui me tir sur ces derniers kms. Nous passons derrière l’hôtel Dieu avant de remonter la rue de la République pour entrer sur la place Bellecour. Mais où est donc l’arrivée ? De l’autre côté, il faut faire le tour… Non… En arrivant sur la place nous croisons Catherine Inacio venue nous encourager et Corinne Montgenot avec sa fille, Amélie et ma fille, Lilou. Petite poussée d’adrénaline, dernière ligne droite, nous passons la ligne en 2h05mn22s. 

Bravo ! Merci Rémi. Merci Eva, Lilou, Noé, Catherine, Corinne et Amélie.

C’était une belle course et une très belle première expérience sur le semi. De quoi se projeter sur d’autres challenges. Je vais savourer et récupérer pour mieux appréhender ce que je voudrais me fixer comme prochain objectif.

Nous allons maintenant pouvoir profiter de nos proches, des supporters venus nous encourager autour d’un petit mâchon à la maison. Un moment que je souhaitais vous faire partager et partager avec tous les membres de l’APPT.

Stéphane, membre du Conseil d’Administration de l’APPT