31 Août
  • By Samret
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La petite taille et l’entrée au collège

Je me souviens encore assez nettement de l’état d’esprit dans lequel j’étais et des émotions qui m’accompagnaient dans les jours qui précédaient mes rentrées scolaires : l’insouciance de l’esprit vacances petit à petit grignoté par l’impatience et les inquiétudes d’une nouvelle rentrée.

Aujourd’hui, c’est à travers mon regard de Conseillère Principale d’Education (CPE) de collège que je propose aux ados de petite taille (et à leurs parents) de se préparer sereinement à une nouvelle année scolaire.

En tant qu’élève de petite taille, tu peux participer comme n’importe quel autre collégien à toutes les activités pédagogiques, éducatives et de vie scolaire proposées.

Sur le plan scolaire, les conseils pour réussir sa rentrée sont nombreux mais je préfère centrer mon propos sur un autre aspect de la vie collégienne qui, à mon sens, est tout aussi important que le travail scolaire : la socialisation, à savoir la vie avec les camarades.

8 idées et conseils pratiques (non exhaustifs) pour faciliter ta vie sociale au sein du collège :

  1. Identifie le ou les adultes du collège auprès de qui tu peux te confier ou qui peuvent te conseiller et t’accompagner : cela peut être ton professeur principal, le CPE, l’infirmier scolaire, un autre professeur – en fonction de tes affinités avec la personne.
  2. Si tu intègres une classe avec beaucoup de nouveaux camarades, tu peux proposer au professeur principal d’organiser un moment de vie de classe pendant lequel vous parlerez du nanisme. Les vidéos réalisées par l’APPT peuvent t’aider à ouvrir la discussion (celle-ci par exemple est particulièrement adaptée aux collégiens : https://www.youtube.com/watch?v=JM1IlfmPNSs) et peut-être même qu’un adhérent adulte de l’APPT peut intervenir dans ta classe si tu le souhaites (dans ce cas, demande à tes parents de contacter le délégué APPT de ta région).
  3. Renseigne-toi concernant les activités proposées ou les instances qui te permettent de t’impliquer dans la vie de ton collège : les clubs le midi ou le soir ; l’association sportive, le Conseil de Vie Collégienne… En fonction de tes goûts, tu pourras développer tes compétences et rencontrer de nouvelles personnes.
  4. Ne laisse passer aucune parole ni aucun comportement blessant ou discriminant à ton égard : soit en répondant toi-même, sans surenchérir dans la violence ; et/ou en te confiant à un adulte qui pourra te conseiller et t’accompagner dans les suites à donner.
  5. Si tu souhaites te confier à un adulte concernant des difficultés relationnelles ou sentimentales mais que tu ne veux pas que cet adulte intervienne, dis-le-lui clairement. Parfois, on a simplement envie de parler sans que l’adulte n’interfère dans nos relations. L’infirmier scolaire, dans ce cadre, est un bon interlocuteur car il est soumis au secret professionnel, c’est-à-dire qu’il n’a pas le droit de répéter ce que tu lui confies sans ton accord.
  6. Pour ce qui concerne les aménagements, exprime tes besoins (à tes parents ou à un adulte du collège) : ce n’est pas à toi de t’adapter à ton environnement mais ce sont les espaces qui doivent être pensés pour donner à chacun les mêmes droits et les mêmes accès.
  7. Ces différentes propositions peuvent être discutées avant la rentrée (les chefs d’établissement et les CPE reprennent une semaine avant la rentrée des élèves) ou dès le début du mois de septembre lors d’un entretien au collège avec toi et tes parents.
  8. Enfin, le déroulement de ta scolarité et tes besoins peuvent être définis et formalisés dans un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS). Ce document est rédigé lors d’une réunion en concertation avec toi, ta famille, le collège, un enseignant référent de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) et les éventuels professionnels qui t’accompagnent : il permet d’évaluer tes besoins et facilite la communication entre toutes les personnes qui t’accompagnent dans ta réussite scolaire. Tes parents peuvent demander la mise en place d’un PPS auprès de la MDPH.

 

Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin et comprendre le fonctionnement d’un groupe, je propose un point plus théorique

L’adolescence est un période de construction identitaire déterminante : en tant qu’ado, ta personnalité s’affirme et tu ressens un fort besoin d’indépendance par rapport à tes parents mais aussi un besoin d’appartenance à un groupe d’adolescents. Au sein des groupes, il existe un ensemble de règles (des normes), souvent implicites (c’est-à-dire qu’elles ne sont pas formulées, pas dites clairement), et l’on peut se trouver exclu d’un groupe parce qu’on ne rentrerait pas dans l’une de ses normes, autrement dit, on peut se trouver exclu d’un groupe parce qu’on est perçu comme « différent » par les membres de ce groupe.

Alors que faire dans ce cas ? De nombreux adolescents (mais aussi les adultes en fait !) essaient de changer pour ressembler aux autres, pour se conformer à la norme, espérant ainsi être intégrés. C’est une très mauvaise idée ! D’abord parce qu’il y a des choses qu’on ne peut pas changer (son physique par exemple) et, ensuite, parce que la norme étant souvent implicite (non dite), la personne exclue ne sait généralement même pas ce qu’elle devrait exactement changer pour appartenir à ce groupe dont les normes la rejettent.

En fait, quand une norme exclue une partie des membres d’un groupe (au sein d’une classe par exemple), c’est la norme elle-même qui doit changer et non les personnes du groupe ! Et pour que le groupe se crée des normes inclusives, respectueuses de chacun, le mieux est d’en parler tous ensemble (« Ce qui a été détruit par le groupe ne peut être réparé que par une communauté », E. Verdier).

Dans un collège, la vie des groupes peut se réguler avec l’encadrement des adultes (professeur, CPE, assistant d’éducation) qui permettent à chacun de se parler, de s’écouter et de mieux se comprendre.

 

En guise de conclusion, je souhaite réaffirmer que l’école est le lieu des apprentissages – qu’à l’école tu as le droit (et même le devoir !) de te tromper : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends. » (Nelson Mandela).

Alors je vous souhaite à toutes et tous une bonne rentrée et une bonne année scolaire, jalonnée de tâtonnements et d’erreurs, jalonnée de petites et de grandes réussites.

Charlotte, administratrice de l’APPT